HisInvest Investir et gérer son patrimoine, simplement
Investissement immobilier

Prêt de 250 000 € : 20 ou 25 ans, que valent 200 € de mensualité en moins ?

Que changent 200 € de mensualité en moins sur un prêt de 250 000 € ?

Pour un même prêt de 250 000 € à 3,65 %, la mensualité atteint environ 1 462 € sur 20 ans et 1 264 € sur 25 ans. Cela fait près de 200 € de moins chaque mois : de quoi alléger un budget serré, alimenter une épargne ou financer un projet.

Mais cette marge n'est pas offerte. Elle est vendue à prix fixe, soit environ 28 000 € d'intérêts supplémentaires. La bonne question n'est donc pas « quelle mensualité puis-je supporter ? », mais « que vais-je faire de ces 200 €, et combien vont-ils rapporter ? »

Les points clés à retenir

Comment ces chiffres sont-ils calculés ?

Tous les montants à 250 000 € de cet article sont des simulations éditoriales. Ils reposent sur la formule d'amortissement classique, présentée notamment par le simulateur français Simulons.fr : M = C × t / (1 − (1 + t)^−n), où C est le capital, t le taux mensuel et n le nombre de mensualités.

Un calibrage sur des exemples belges

Pour rester proche des pratiques belges, le taux annuel est converti en taux mensuel équivalent, c'est-à-dire (1 + taux annuel)^(1/12) − 1. Ce choix est contrôlé avec les seules mensualités belges chiffrées disponibles : celles de simulations indicatives publiées par le site de courtage mbc-credits.be pour 220 000 € sur 25 ans à taux fixe, soit 1 083,54 € à 3,40 % (à confirmer, précise le site), 1 112,06 € à 3,65 % et 1 140,93 € à 3,90 %, hors assurance. La formule les retrouve à l'euro près. Les résultats sont ensuite mis à l'échelle de 250 000 €, la mensualité étant proportionnelle au capital.

Un avertissement sur les comparaisons

Avec le raccourci t = taux annuel / 12, on obtiendrait environ 1 119 € au lieu de 1 112 € pour 220 000 € à 3,65 %. L'écart est faible, mais il rappelle que deux simulateurs peuvent afficher des mensualités légèrement différentes pour un même taux affiché. Les trois taux retenus (3,40, 3,65 et 3,90 %) sont des hypothèses de travail : ni des offres, ni des prévisions.

Que donnent 250 000 € sur 20 et sur 25 ans ?

Le tableau ci-dessous résume les six scénarios. Il s'agit d'une simulation éditoriale, hors assurance et hors frais : mensualités arrondies à l'euro, intérêts arrondis à la centaine d'euros.

Taux fixeDuréeMensualité hors assuranceIntérêts totauxÉcart d'intérêts
3,40 %20 ans≈ 1 431 €≈ 93 300 €−26 100 € vs 25 ans
3,40 %25 ans≈ 1 231 €≈ 119 400 €+26 100 € vs 20 ans
3,65 %20 ans≈ 1 462 €≈ 100 800 €−28 300 € vs 25 ans
3,65 %25 ans≈ 1 264 €≈ 129 100 €+28 300 € vs 20 ans
3,90 %20 ans≈ 1 493 €≈ 108 300 €−30 700 € vs 25 ans
3,90 %25 ans≈ 1 297 €≈ 139 000 €+30 700 € vs 20 ans

Premier constat : l'écart de mensualité reste quasi constant, autour de 196 à 200 € quel que soit le taux. La marge mensuelle est donc à peu près la même, mais le prix à payer augmente avec le taux : de 26 000 € à 3,40 % à près de 31 000 € à 3,90 %. Plus le crédit est cher, plus chaque année supplémentaire coûte.

Combien coûtent vraiment ces 200 € de mensualité en moins ?

La durée est le principal levier de la mensualité. Avec les hypothèses ci-dessus, la mensualité baisse de 14 % à 25 ans (soit 16 % de plus à 20 ans), en échange des intérêts supplémentaires détaillés dans le tableau.

La durée pèse plus que le taux

Pour mesurer son poids, on peut la comparer à un écart de 0,5 point de taux, soit la différence entre nos scénarios à 3,40 % et à 3,90 % :

Négocier un demi-point est utile, mais rallonger le prêt de cinq ans coûte davantage.

Le prix ramené à l'euro de mensualité

À 3,65 %, environ 28 300 € d'intérêts supplémentaires achètent 198 € de souplesse mensuelle. Cela représente environ 140 € de coût total pour chaque euro de mensualité économisé. Ce prix est déboursé progressivement, ce qui le rend facile à oublier. Il n'en est pas moins certain.

À quelle condition les 200 € libérés valent-ils leur prix ?

Un scénario hypothétique

Imaginons un emprunteur fictif qui choisit 25 ans à 3,65 % et place chaque mois l'écart de 198 € pendant 20 ans. Au bout de ces 20 ans, il lui reste 60 mensualités à payer, soit un capital restant dû d'environ 69 000 €. Pour disposer exactement de cette somme grâce à ses 198 € mensuels, il lui faut un rendement net de frais d'environ 3,65 % par an, soit le taux du prêt lui-même.

C'est le rendement de rupture. En dessous, il aurait mieux fait de prendre 20 ans, de payer moins d'intérêts et de ne rien placer. Au-dessus, la marge a rapporté plus qu'elle n'a coûté. Aucune prévision de rendement n'est avancée ici : le calcul indique seulement le seuil à franchir, année après année et frais déduits.

Un taux connu contre un rendement incertain

Le choix de la durée oppose en réalité deux grandeurs de nature différente. D'un côté, un taux connu d'avance, comme celui d'un crédit hypothécaire à taux fixe ; de l'autre, un rendement qui ne l'est pas, qu'il vienne d'un compte d'épargne dont le taux peut évoluer ou de placements dont la valeur fluctue. Choisir 25 ans revient à parier que l'épargne mensuelle battra, régulièrement, un coût certain.

Le facteur comportemental

Il y a une condition plus prosaïque : que les 200 € soient réellement placés. Si l'écart se dilue dans les dépenses courantes, la marge n'a servi à rien et les intérêts supplémentaires ont été payés pour rien. Verser automatiquement la différence vers un compte distinct, le jour du prélèvement de la mensualité, est le moyen le plus simple d'éviter cela.

Ce que la mensualité ne montre pas : assurance et frais

Les mensualités du tableau sont « hors assurance ». Or la facture réelle est plus lourde. Dans les simulations de mbc-credits.be, l'assurance solde restant dû (100 % sur deux têtes, non-fumeurs) revient à environ 40 € par mois dans le profil à 3,90 % et environ 50 € par mois dans celui à 3,40 %. Il faut donc retenir une fourchette de 40 à 50 €, qui s'ajoute à la mensualité.

Le même exemple de 220 000 € sur 25 ans liste d'autres postes de budget :

Ces montants sont des repères propres à cet exemple et ne s'appliquent pas tels quels à 250 000 €. Ils montrent néanmoins l'écart entre mensualité et facture. Pour le profil à 3,90 %, le montant total dû (crédit, intérêts et assurances) est d'environ 363 000 € selon la simulation, soit près de 143 000 € de plus que les 220 000 € empruntés dans cet exemple. Comparer deux durées sur la seule mensualité revient à ignorer une partie de ce que l'on paie.

La durée est-elle limitée par votre âge ?

C'est un critère indépendant du coût. Selon Test-Achats, la dernière mensualité doit être payée avant un âge limite qui varie généralement de 67 à 75 ans selon la banque. Un emprunteur de 45 ans qui choisit 25 ans terminera à 70 ans : acceptable chez certains prêteurs, trop tard chez d'autres. Cette limite se vérifie auprès de chaque prêteur avant de comparer les durées, car elle peut décider du choix à votre place.

Questions fréquentes

Et si je choisis 22 ou 23 ans plutôt que 20 ou 25 ?

Test-Achats recommande de retenir une durée un peu plus courte que celle que l'on envisageait et de la faire varier légèrement dans le simulateur : cela réduit les intérêts et la prime d'assurance solde restant dû. Une durée intermédiaire donne une mensualité intermédiaire. À 3,65 %, 22 ans sur 250 000 € représentent environ 1 371 € par mois et 112 000 € d'intérêts, selon le même calcul éditorial. Chacun peut refaire ce calcul avec la formule présentée plus haut.

Les chiffres d'un exemple à 220 000 € valent-ils pour 250 000 € ?

Pour la mensualité, oui, à peu de chose près : elle est proportionnelle au capital, d'où la mise à l'échelle utilisée ici. Les frais fixes, en revanche, ne suivent pas automatiquement cette proportion. Demandez le détail des frais pour votre montant exact.

Le taux de 3,40 % est-il garanti ?

Non. Les simulations de mbc-credits.be sont indicatives, et le site précise que ce taux est à confirmer. Seule une offre écrite d'un prêteur fixe les conditions réelles.

Conclusion : testez votre budget, pas seulement le taux

Que ferez-vous réellement de ces 200 € chaque mois ? Si la réponse est « les placer sans y toucher », la durée longue devient un choix d'investisseur, avec un seuil à dépasser. Si la réponse est « ne pas être à découvert au premier imprévu », elle est une assurance de trésorerie, et son prix est connu. La bonne durée n'est pas celle qui minimise le coût sur le papier, mais celle dont la mensualité reste supportable le jour où la vie change de programme.

--- Cet article est publié à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement. Consultez un conseiller financier agréé avant toute décision d'investissement.

À lire ensuite

Ce site utilise uniquement des cookies fonctionnels. En poursuivant votre navigation, vous en acceptez l'utilisation. En savoir plus